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Pauvre homme ! Depuis sa prise de fonction en tant qu’archevêque de Malines-Bruxelles et primat de Belgique, le voilà harcelé par la vindicte populaire et plus particulièrement par le lobby gay. C’est vrai qu’il récolte un peu ce qu’il a semé. Que sa politique de communication soit subtilement orchestrée ou bien qu’elle soit tout simplement un vrai fiasco médiatique, il récupère aujourd’hui ce qu’il a balancé naguère.

Je n’ai aucune affinité particulière pour cet homme que j’ai rencontré une ou deux fois mais que je ne connais guère en somme. Et je ne saurais le juger sur des paroles malheureuses et maladroites à l’encontre des pédés, car à coté de cela, sûrement qu’il a plein de choses intéressantes à dire. Je ne le jugerai pas, car je n’aime pas moi-même être jugé ou regardé de travers. Si lui le fait, c’est son problème, pas le mien.

C’est une évidence que je ne me retrouve pas dans sa sensibilité ecclésiale, mais bon, il faut de tout pour faire un monde, et moi-même, je ne suis sûrement pas apprécié de toute une frange de population psychorigide ou à l’esprit étriqué dans la sphère catho bien pensante.

On ne peut quand même pas lui reprocher de prêcher le discours unique pratiqué par l’ambiance vaticane. C’est son métier, et il le fait bien, que cela plaise ou non ! Je déplore bien entendu le discours d’exclusion qui se cache derrière ” j’aime le pédé, mais je n’aime la façon dont il aime”. Mais la ligne du discours du Vatican concernant l’homosexualité est claire et nette, et on ne peut attendre de ses représentant qu’ils la transgressent. On verrai mal un Nicolas Sarkozy être aujourd’hui pour les 35 h et la nationalisation des grandes entreprises privées. C’est un peu la même chose. Il ne faut donc pas s’émouvoir plus que cela du discours des ”Monsignori” sur un certain nombre de dossiers de la vie humaine.

De savoir si c’est leur boulot de dire aux gens comment et avec qui ils doivent baiser, c’est un autre problème. Il me semble que leur mission est ailleurs. Et souvent, trop souvent, ils ratent leurs missions, parce qu’ils s’attachent trop à des faits de société périphériques.

En fait, le cas Léonard fait ressortir de manière vive, la guéguerre entre deux idéologies, deux totalitarismes. D’un coté, tu es taxé d’homophobe si tu parles d’homosensibilité en terme non valorisant du genre ”je ne conçois pas qu’un homme puisse en aimer un autre”. De l’autre, un discours fermé et exhaustif sur l’amour humain, ”l’amour c’est cela et ce n’est pas autre chose !”

(Entre nous, je me suis toujours demandé pourquoi on peut être pour ou contre l’homosensibilité. Est ce qu’on se pose la question de savoir si on est pour ou contre l’hétérosexualité, pour ou contre la couleur rouge de certaines feuilles d’arbres tropicaux alors que la majorité des feuilles sont vertes, pour ou contre le fait de mettre un n devant un b, m ou p, comme dans ”bonbon” alors que la règle veut que je mette un m comme dans ”temps” ou ”ensemble” ou ”emmener”, etc … etc …)

Voilà, laissons donc notre Mgr Léonard à ses ouailles et son ministère. C’est à ses fruits qu’on juge un arbre. Laissons lui le temps de la prière, de la réflexion, le temps de la grâce et la grâce d’état. Peut-être se convertira t-il ? Il a le désir d’aller sur le terrain. J’espère qu’il rencontrera des groupes d’homos, et de chrétiens homos.

Parce que, de toute manière, ce ne sont pas les évêques, tout archevêques soient-ils, qui changeront l’Église et le monde. L’Église c’est avant tout le peuple de Dieu, c’est vous, c’est moi. Et sans vous, sans moi, il n’y a plus d’Église, plus de pasteur …