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L’hérésie cathare semble faire un retour en force dans notre Église Catholique. C’est le grand ménage du printemps. Limogeage et démissions d’évêques en série, instauration d’un statut nickel pour qui veut être prêtre. On redore les ors et on astique les fers.

«Un homme qui a adopté un style de vie homosexuel, ou qui éprouve des tendances homosexuelles, ne devrait jamais être ordonné prêtre. Le danger pour les vies et pour les âmes est simplement trop grand, ainsi que l’a amplement démontré la crise des abus sexuels au sein de l’Eglise.» (Extrait du rapport cité par Mgr Bertone)

Mais la nature humaine étant ce qu’elle est, j’ai bien peur que, à l’exemple du pharisien du nouveau testament, nous fassions des élites cléricales des sépulcres blanchis, des morts en devenir, des tombeaux nauséabonds. On soigne les façades, mais l’intérieur est gangréné.

Et contrairement à ceux qui veulent une église de purs, je préfère une Église de pauvres.

Nous connaissons tous cette parabole (Mt 13, 24-30) :


«Il en va du Royaume des Cieux comme d’un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l’ivraie, au beau milieu du blé, et il s’en est allé. Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l’ivraie est apparue aussi. S’approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : «Maître, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ?» Il leur dit : «C’est quelque ennemi qui a fait cela.» Les serviteurs lui disent : «Veux-tu donc que nous allions la ramasser ?» «Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l’ivraie, d’arracher en même temps le blé. Laissez l’un et l’autre croître ensemble jusqu’à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d’abord l’ivraie et liez-la en bottes que l’on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier.»»

Trier pour n’avoir que du blé n’est pas l’option du Christ, me semble t-il. En arrachant l’ivraie de l’Église, force est de constater que le danger de détruire le blé est bien réel. Ce ne sont pas les quelques têtes qui vont tomber qui vont assainir ce grand champ.

Et si, certes, l’Église a réellement besoin d’un bon nettoyage de printemps, qu’elle le fasse alors avec les moyens que le Christ lui a transmis, pas avec les outils dont le monde se sert.

Revenir aux fondamentaux du sermon sur la montagne me semble primordial.

Quand un scribe veut suivre le Nazaréen, Il lui répond : «Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête.» (Mt 8, 20)

Je ne sais pas si dans la nouvelle campagne de communication pour recruter des vocations sacerdotales, il est signifié que suivre le Christ, c’est aussi ne pas avoir où reposer sa tête.

Quand l’Église bannira le pouvoir, l’avoir, l’argent, la politique politicienne et qu’elle se fera pauvre au milieu des pauvres, alors peut-être retrouvera t-elle une crédibilité et un sens à sa raison d’Être ?