Il me croyait toujours en Israël. Je le pensais encore en Espagne. Nous nous sommes croisé dans une église de Toulouse. Surpris de le voir là, étonné de m’apercevoir ici. Lui, c’est Jeff. Nous avons vécu deux années ensemble dans la même communauté religieuse, dans un pays de l’est. Cela faisait 4 ans que nous ne nous étions pas revus.
J’aimais bien ce mec-là. Nous avions un bon contact, un bon relationnel. Ce qui nous a permis de bâtir de beaux projets ensemble. Et pas seulement spirituels. Je me souviens des bistrots de la citadelle de Dubrovnik, et des plages de Cavtat (prononcer Tchavtat) en Croatie.
Tout comme moi, il a quitté la communauté religieuse. Mais pas du tout comme moi, il est resté cet espèce de dou-dingue, d’illuminé (au bon sens du terme), de fol en Christ, petit enfant radieux entre les mains de Dieu.
Doué de ses mains et sachant tout faire, il s’est mis au service de ceux qui sont dans le besoin et qui n’ont rien. Il peint, répare, bêche, lave, scie … Il ne demande jamais rien. Il fait tout gratuitement. Il parle du Bon Dieu, à la manière d’un enfant, Il écoute, il entend, il console, il compatit, il se fait proche. Il n’a jamais manqué de rien. Il a toujours le gite et le couvert quelque part, quelque soit le lieu où ses pas le portent.
Cela me fait sourire. Je me moque de lui, gentiment. Je suis un rebelle. Mais au fond de moi, je l’admire. Il a une âme d’enfant, la douceur et la bonté de ceux qui ne voient jamais le mal. Seulement le bien ! Est ce que je l’envie ? Je n’en sais rien. Non, je ne crois pas. Chacun vit sa vie. Chacun marche sur sa route. A l’un il est donné ceci, à l’autre cela. Et puis la Providence s’accomode de nos vécus, de notre humanité.
Nous sommes restés un petit moment à causer. Nous avions tant de choses à nous raconter.
Puis il est parti, poursuivant sa route. Et moi, j’ai suivi la mienne. J’ai continué d’arpenter les rues de Toulouse, de marchés en boutiques, d’étals en vitrines …
Non sans nous être salués comme deux frères que la tendresse de Dieu a façonné durant de longues années.
Cette rencontre avait quelque chose d’indéfinissable, quelque chose de magique, quelque chose de divin … Ça s’est passé hier, au centre ville de Pink City. Le ciel était d’un bel azur, l’air paraissait limpide, les senteurs printanières, et la chaleur légère.
Ce son des être comme lui qui annoncent le “royaume de Dieu”. Ils l’incarnent même.
Je l’envie !
Bien à toi.
Oui, ça donne envie, car l’Essentiel est là ! Mais tout le monde n’est sûrement pas appelé à vivre ainsi. Ils sont des poteaux indicateurs …
Biz à toi Elie-Marie et Bon Dimanche