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Florian m’a abordé un soir de piscine, un jeudi soir exactement. Normal, il ne vient que le jeudi soir à la piscine. Alors que je reprenais mon souffle entre deux séries intensives de longueurs de brasses, il s’est arrété et m’a adressé la parole. Quelques banalités … Je lui ai répondu, bien entendu, et la conversation a duré plus que ce que je n’aurais imaginé.

Je crois qu’il était ébahi devant un ‘vieux’ qui enfilaient des longueurs de piscine sans jamais se reposer, s’arréter, se poser. L’ingénuité de ses 17 ans sortis de la campagne m’a tout de suite séduit. Son physique, d’une maturité déjà bien avancée, faisait de cet adolescent un adulte précoce.

Il m’a raconté son internat au lycée hôtelier, son retour en famille le week end, ses parents divorcés, sa vie au lycée. Il me parlait de ses désirs, ses aspirations professionnelles, ses projets d’avenir, son soucis d’aider sa mère plus tard, elle qui se saignait à blanc pour lui maintenant, pour qu’il fasse les études qu’il aimait.

Je lui racontais ma vie professionnelle, mes récits de voyage autour de la planète, mes engagements humanitaires, mon bénévolat au service des autres. Ça le faisait aussi un peu rêver. Normal ! A cet âge-là, on rêve de tout.

Depuis plusieurs mois, nous nous rencontrons tous les jeudis soirs. Nous arrivons à peu près à la même heure, nous prenons la douche ensemble, et quittons la piscine ensemble, non sans continuer à causer avant de nous séparer.

Je l’ai revu hier soir. Nous nous sommes croisés sous la douche. Il partait, moi j’arrivais. Nous nous sommes salués, une franche poignée de main virile. Quelques mots de ses vacances, et un rendez-vous aux horaires habituels pour le lendemain. J’avais troqué ce soir-là mon shorty habituel pour un slip de bain. Et pendant le peu de temps où nous étions ensemble, j’ai noté son regard qui m’a scanné de haut en bas et de bas en haut et cela m’a laissé dubitatif …

Je l’ai revu ce soir, après l’absence des vacances. Nous avons nagé, nous avons causé. (J’avoue que depuis quelque temps, le nombre de mes longueurs de bassin diminue le jeudi soir) Il en a marre du lycée où il se trouve et souhaiterait aller sur Montpellier, mais sa mère ne semble pas trop d’accord. L’ambiance de l’internat n’est pas bonne. Il trouve l’ensemble des élèves trop gamins et les soirées beuverie ne le font pas délirer.

Sans savoir s’il en avait une ou pas, je lui ai parlé de sa copine. Avec différents récits, il me confirme qu’il en a bien une au lycée, mais que là aussi, les réactions de ses ‘potes’ le ‘gonflent’ complètement. Je lui fait aussi remarquer qu’il s’est taillé les cheveux et qu’il a adopté une bonne coupe de printemps.

Entre deux séances de bavardage, je continue mes longueurs, non sans mal ce soir. Il y a du monde. Les lignes droites deviennent vite des lignes courbes aux nombreux zig-zags en tout genre. Au milieu de tous ces corps qui tentent de se frayer un place, j’aperçois Florian, de temps à autre, imperturbable dans son crawl régulier. Je m’aperçois que son corps a blanchi, qu’il est moins brun que d’habitude. Mais n’utilisant ni lunettes, ni lentilles sous l’eau, je me dis que c’est sûrement une illusion d’optique.

Mais lorsque nous nous retrouvons à l’arrêt, je lui fait remarquer qu’il a aussi adopté une coupe de printemps pour son torse et ses jambes. Sans sourciller, il me répond qu’avec les jours de grandes chaleurs que nous venons de passer, que cela lui allait mieux. Après quelques longueurs supplémentaires, je le vois sortir et se diriger vers les douches.

La piscine s’étant vidé de son monde, je continue encore à nager, ayant quasiment une vaste ligne pour moi tout seul. Puis me dirige vers les douches, à mon tour.

Il vient de finir et semble partir vers les vestiaires, mais se ravise et revient pour me parler. Si en général pas mal d’ados sont troublés de voir des mecs prendre leur douche à poil, Florian ne semble pour le moins du monde gêné, lui qui d’ordinaire n’enlève jamais son shorty. Nous ne sommes que tous les deux, moi sous l’eau me savonnant et me massant, lui tournant autour, en grande conversation. Pour ne pas le faire trop attendre, j’abrège mes grandes ablutions ce soir et c’est ensemble que nous partons vers les vestiaires.

Comme d’habitude, il a été plus rapide que moi, et je l’ai retrouvé devant la piscine pour un dernier petit temps ensemble. Je le trouve vraiment beau garçon, bien dans son corps, bien dans sa tête. Mais je n’ai jeté aucun dévolu sur lui. Il m’est sympathique, il est agréable et plaisant. C’est quelqu’un de simple, venant d’un milieu simple sans chichis ni fioritures. Il est lui, sans chercher à jouer quelqu’un d’autre, sans fard, mais avec beaucoup d’éclat. Un bon p’tit gars !

Alors qu’une dernière poignée de main masculine met fin à notre conversation et nous sépare, je me surprends à penser ceci :

Et si sa copine était en fait tout simplement son copain ???