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Ce matin j’ai rêvé près des fleurs du jardin,
Et ma peau a gardé l’odeur des fleurs légères,
Respires-en sur moi la douceur éphémère,
Nos baisers sembleront des perles en écrin.
Ce matin j’ai rêvé près de l’eau murmurante,
Où luisaient des bijoux qui tombaient du soleil,
Et mon amour pour toi, à ces bijoux pareil,
Frissonne dans mon coeur sa chanson enivrante.
Ce matin j’ai rêvé sous les grands arbres verts,
Et la brise en passant se vêtissait de soie,
J’en ai gardé la lente et délicieuse joie,
Et pour toi mon désir est un ciel entr’ouvert.
Ce matin j’ai rêvé près des maisons désertes,
Ton sourire est venu comme pour les vêtir,
Des fleurs de ma passion et des fleurs du désir,
Que respirait mon âme au seuil des portes vides.
Jacques Adeswärd-Fersen, L’Hymnaire d’Adonis,
Paris, Librairie Léon Vanier, 1902, p. 85-86.
