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L’homme qui marche est ce fou qui pense
que l’on peut goûter à une vie si abondante
qu’elle avale même la mort.
Ceux qui emboîtent son pas
et croient que l’on peut demeurer éternellement à vif
dans la clarté d’un mot d’amour, sans jamais perdre souffle,
ceux-là, dans la mesure où ils entendent ce qu’ils disent,
force est de les considérer comme fous.
Ce qu’ils prétendent est irrecevable.
Leur parole est démente
et cependant que valent d’autres paroles,
toutes les autres paroles échangées depuis la nuit des siècles ?
Qu’est-ce que parler ?
Qu’est-ce qu’aimer ?
Comment croire et comment ne pas croire ?
Peut-être n’avons-nous jamais eu le choix
qu’entre une parole folle et une parole vaine.
Christian BOBIN

la liberté est souvent assimilée à la folie, surtout quand elle brise les codes.C’est un beau poème bravo!
C’est cette liberté-là que j’aime bien, celle justement qui se permet de briser les codes !
Merci FandeDijon