Tags
22 Mardi fév 2011
Posted in Cultiver son jardin
Tags
22 Mardi fév 2011
Posted in De la communion des coeurs
Tags
Absence, Amour, Connaissance, Ignorance, Livre de l'Ami et de l'Aimé, Oubli, Présence, Ramon Llull, Souvenir
L’Aimé mit à l’épreuve son Ami pour savoir s’il aimait parfaitement, et il lui demanda quelle différence il y a entre la présence et l’absence de l’Aimé.
L’Ami répondit : “Celle qu’il y a entre l’ignorance et l’oubli, et la connaissance et le souvenir.”
(du Livre de l’Ami et de l’Aimé, de Ramon Llull)
Voir aussi : “Quelque chose à aimer” et “Débordement d’amour”
21 Lundi fév 2011
Posted in De la communion des coeurs
«À quel moment, demandait un rabbin à ses étudiants, peut-on dire que la nuit est terminée et que le jour a commencé ?
Un étudiant suggère : est-ce le moment où l’on distingue un agneau d’un chien ?
Non, dit le rabbin, ce n’est pas cela.
Est-ce au moment où l’on voit la différence entre un olivier et un figuier ? demande un autre étudiant.
Pas davantage, dit le rabbin ; c’est au moment où, levant les yeux sur un visage que vous n’avez jamais vu, vous reconnaissez en cet étranger un frère, une sœur.
Jusqu’à cet instant, quelle que soit la clarté du jour, il a toujours fait nuit».
(Tradition juive)
21 Lundi fév 2011
Posted in De la communion des coeurs
20 Dimanche fév 2011
Posted in Il n'avait Dieu que pour Lwi
Deux chemins s’ouvrent devant Moïse, «la mort et le malheur, la vie et le bonheur» (Dt 30, 19). Il choisira la vie, il ira vers son peuple, il le fera sortir d’Égypte et le conduira à travers le désert jusqu’en terre promise.
Cependant, sur la route, que d’embûches et de drames… Le mal est à l’oeuvre, déroutant le peuple, attaquant les coeurs, troublant les esprits.
Qu’est-ce que le mal ? Redisons avec force que le mal n’arrive qu’en second. Ce qui est premier, c’est l’Amour créateur de Dieu qui nous donne sans mesure la Vie qui est en Lui. Au commencement est le don. Bien avant le combat, plus originel que le péché nommé ainsi : le don. Notre vie trouve son sens dans la promesse de vie et d’amour qui nous fonde originellement et qui sera pleinement manifestée en Jésus. Le mal est donc second, il vient, c’est vrai, comme une réponse possible. Le mal, c’est ce qui fait mal, qui fait du mal et conduit à la mort et au malheur de tous. «Mal-heureux !» dira Jésus, non pas tant sur le ton d’une condamnation, que dans un gémissement de détresse, face au choix de ceux qui s’enferment dans une spirale de malheur, en cédant trop facilement à la convoitise des richesses, à la tentation de puissance, de mensonge, de haine, etc… Le mal vient se mettre en travers de notre désir de vivre ensemble et d’aimer, il coupe la route, cherche à barrer l’accès à la vie, à la joie, à la paix, bref à tout ce qui rend vivant.
Le mal masqué. – Le mal menace nos projets, s’acharne à les détruire. Sa tactique est d’avancer masqué, d’où l’importance de discerner pour dévoiler sa stratégie : toujours, il cherche à fragiliser l’homme, en attaquant à la racine son désir, pour le recroqueviller sur lui-même, l’affaiblir de l’intérieur, le nier et, finalement, le tuer. Le but du mauvais est de faire mourir. Au contraire, Dieu fait vivre, fait croître. Il tend à rendre les hommes plus vivants, plus aimants, les ouvrant au bonheur : «Bien-heureux» ! Le bien fait du bien. Cela pourrait être simple… Pourtant, la vie est un combat. Le peuple d’Israël ne cesse de combattre et d’être combattu. Le don de la liberté est une tâche toujours à accomplir. L’enjeu du combat est vital. Son lieu est un lieu de déchirement. L’homme se découvre partagé entre le désir de vivre et d’aimer, et des forces de mort mystérieusement présentes en lui qui le troublent et le tentent. Le désir de vivre déclenche d’étranges résistances. «Je ne comprends rien à ce que je fais. Vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l’accomplir, puisque je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas» (Rm 7, 15-19). L’homme découvre stupéfait qu’il est divisé, partagé. Il veut… et ne veut pas. Qui le délivrera ?
Vivre les moments de crise comme une chance. – Le combat entre la mort et la vie met l’homme forcément en crise. Cette crise, en positif, dit tout simplement ce qu’il est : un être créé libre, responsable de lui-même et des autres. Le premier chapitre de la Genèse ne dit pas explicitement que l’homme est bon, il ne dit pas non plus qu’il est mauvais : il est… libre ! Lorsqu’il a terminé son oeuvre, et qu’il regarde sa création achevée, avec l’homme qu’il a placé au sommet, Dieu s’émerveille : tout cela est «très bon» (Gn 1, 31). Il est bon que l’homme soit libre dans cette belle création.
Mais on sait la suite, les déviations, les mensonges et la violence qui déchire le coeur humain. Des crises successives mettent à l’épreuve sa liberté. Que va-t-il faire ? Toute crise peut être une chance à saisir. Le mot crise, krisis, signifie rupture d’une évidence, rupture d’une tranquillité, d’une habitude, tout choc qui requiert en réponse un acte de discernement, suivi d’une décision, d’une réaction. Combattre est un signe de vitalité et de bonne santé humaine. Le Vivant est un lutteur ! Ainsi chemine la liberté, et se construit, car il n’y a pas de fatalité. Il s’agit constamment de défataliser tout mal en se reconnaissant responsable de son histoire, auteur de sa vie reçue. Face aux obstacles, chacun doit prendre les moyens de faire face. La visée dernière est claire : se vaincre soi-même pour devenir libre et pouvoir se réaliser pleinement dans cette vocation au bonheur et à l’amour.
Mais tout seul, c’est impossible, les forces du mal étendent leurs ravages sur la terre. Dieu a multiplié les alliances et l’homme, chaque fois, rompt le pacte, reprend son désir et tourne le dos au bonheur que le Créateur lui propose. Dieu ne se lasse pas d’envoyer ses prophètes, mais l’homme n’en fait qu’à sa tête. «Moi tout seul…»
Pauvre illusion ! Qui peut vivre et vaincre de ses propres forces ? Moïse a fait l’amère expérience de ses limites et de la vanité des choses ; c’est pourquoi il s’en remet désormais à Dieu.
Mais le peuple, au long de sa longue histoire, n’a cessé de se rebeller. Dieu n’a pas dit son dernier mot.
Après avoir envoyé en vain tant de ses serviteurs, il lui restait encore quelqu’un, son Fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier en se disant : «Ils auront du respect pour mon Fils» (Mc 12, 6, Parabole des vignerons homicides).
À la suite des pères d’Israël, tournons-nous vers le Messie promis. Fixons notre regard sur le Vivant qui vient vers nous.
Isabelle PARMENTIER, Appelés ? Quand le désir de Dieu rejoint le désir de l’homme, Vie Chrétienne, Supplément au n° 445, avril 2010, p. 38-40
19 Samedi fév 2011
Comme pour faire écho, ou même pour prolonger l’exposition photographique de George Rodger sur les Noubas, le hasard m’a conduite à visiter celle de Philippe Bordas consacrée aux lutteurs et boxeurs africains d’aujourd’hui (2010). D’emblée, j’ai été frappée par l’étonnante correspondance entre l’affiche de cette “Afrique à poings nus” et l’un des clichés fameux du photographe anglais : les deux images montrent de façon similaire, en noir et blanc, le vainqueur d’un combat porté en triomphe sur les épaules d’un adversaire. À quelque cinquante ans de distance, c’est la même attitude, le même regard souverain… serait-ce la même Afrique ?
La première photo est prise à Kordofan, au Soudan, la seconde à Dakar. Si, en 1949, Georges Rodger partait vers l’inconnu, en quête d’un “endroit vierge et pur”, et entreprenait un travail tant ethnographique que purement artistique, le projet de Philippe Bordas est plus concerté, volontairement militant.
Les Noubas avaient pour ancêtres les esclaves nubiens qui furent victimes pendant des siècles de la traite négrière ; ils se réfugièrent dans des djebels totalement inaccessibles et finirent par être “oubliés” du monde. Les lutteurs de Dakar, eux, sont des habitants de banlieues minables et autres bidonvilles où s’entassent les “oubliés” de la mondialisation. Seul le champion se distingue et échappe à la pesanteur inaudible du marasme ambiant. Sauvé par le sport. Béni par la sueur, porté en triomphe dans la poussière. Pas de folklore, donc, pas de chromos, mais un attachement méticuleux au culte de la force, à la “mystique obsessionnelle du sol”. Présentés en alternance avec les photographies – qui sont autant d’icônes aux couleurs vives ou au contraire d’un noir et blanc opaque et charbonneux –, de petits écrans vidéo restituent les gestes méticuleux et ancestraux de la préparation au combat. La danse des corps qui s’affrontent dans les halos d’ocres retrouve l’intensité graphique de celle des lutteurs de Kordofan. Devant le spectacle de ces hommes de terre, comment ne pas se désoler encore de nos préjugés occidentaux sur “l’homme africain”, figure primordiale de l’humanité, intemporelle, et par conséquent vouée à rester sur le bas-côté de l’Histoire… Quoi de meilleur pour prolonger la méditation que la lecture des deux beaux livres : Le Village des Noubas de George Rodger (réédition chez Phaidon de l’ouvrage paru en 1955) et L’Afrique à poings nus de Philippe Bordas (Seuil), album-journal enrichi de collages, de récits, de témoignages.