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J’ai encore “râlé” ce matin ; et pour des broutilles ! Comme à tout bon français qui se respecte, ça me colle à la peau ! Du coup, j’ai quand même voulu positiver et j’ai cherché quelques outils sur le net pour contrecarrer cette habitude négative.

C’est quoi la gratitude ?

“Avez-vous remarqué combien, quotidiennement, nous sommes préoccupés par ce qui nous manque ou par la peur du manque ? Manque réel ou peur de manquer de temps, de ressources, d’argent, de santé, de compétence, d’habiletés, d’énergie. Impression ou certitude de manquer de contacts, de contrôle, de motivation, de plaisir, de préparation, de support, de maîtrise, de succès, de valorisation, de confiance, de certitude, de direction, d’amour, de sens, de reconnaissance. Autant d’aspects qui meublent une grande partie de nos conversations et de nos pensées.

Lorsque notre attention est régulièrement centrée sur les manques, surtout quand nous nous sentons, à tort ou à raison, impuissant à y faire quelque chose, la réponse de stress ne peut manquer de se faire dans notre organisme. C’est bien connu, nous devenons ce à quoi nous accordons notre attention de façon consistante.

Que notre attention soit centrée sur le manque n’est pas mauvais en soi et peut même être un moteur de la motivation à agir. Mais lorsque ce manque est associé à un sentiment d’impuissance de notre part, alors l’organisme réagit par l’anxiété et le stress.” (Marc Vachon, psychologue)

«La gratitude se réjouit de ce qui a lieu, ou de ce qui est, écrit André Comte-Sponville dans son Petit Traité des grandes vertus, elle est ainsi l’inverse du regret ou de la nostalgie, qui souffrent d’un passé qui ne fut pas, ou qui n’est plus, comme aussi de l’espérance ou de l’angoisse, qui désirent ou craignent […] un avenir qui n’est pas encore, qui ne sera peut-être jamais, et qui les torture pourtant de son absence.» 
Savourer pleinement un bon moment avec ses amis, apprécier un paysage comme une œuvre d’art ou simplement un bon repas, donnent le sentiment d’être du côté de ceux que la vie gâte, plutôt que de ceux qu’elle lèse.

Cette aptitude est aussi un antidote puissant au sentiment de solitude existentielle que l’on peut parfois éprouver. Pour le psychiatre et psychothérapeute Christophe André, la gratitude est «bénéfique à l’estime de soi, car elle augmente le sentiment d’appartenance à un groupe, à une lignée, à une collectivité humaine». Robert Emmons, chercheur en psychologie à l’université de Californie, a constaté que ceux qui font régulièrement une liste des motifs pour lesquels se réjouir se sentent mieux dans leur peau, sont plus actifs et offrent une meilleure résistance au stress. (Flavia Mazelin-Salvi)

Et ça fonctionne comment ?

Remontez la chaîne des causes et des effets qui ont apporté des éléments positifs dans votre vie


Quelle personne ou quelle suite d’événements est à l’origine de ce travail que vous aimez, de cette rencontre qui a tout changé, de ce livre ou de cette œuvre qui vous procurent tant de plaisir ? Reconnaître vos sources amène une double joie : celle d’avoir reçu et celle de reconnaître la valeur de l’autre.

Faites un bilan positif


Le soir, au coucher, déroulez le film des événements agréables que vous pouvez considérer comme des «cadeaux» de la journée : un bon repas avec une amie, une tâche menée à bien, un éclat de rire, la sensation de bien-être après une heure de sport, un coup de téléphone agréable… Chacun de ces petits «plus» vaut bien un remerciement !

Cultivez un regard neuf


En considérant comme «allant de soi» notre quotidien, nous en venons à oublier la valeur des choses. Sans se prosterner devant sa machine à laver ou sa baguette de pain, il est important de prendre le temps d’apprécier tout ce qui nous facilite la vie : l’eau qui coule à volonté, les fruits et légumes en abondance sur la table, l’air et le soleil qui entrent par la fenêtre… Après tout, ils ne sont pas des dûs.

Remerciez… lorsque vous donnez


Apprenez à ressentir le plaisir qu’il y a dans le fait de donner. Et remerciez intérieurement le bénéficiaire de votre générosité, car celui-ci vous permet sans le savoir d’entrer en contact avec la meilleure part de vous-même. Celle qui donne sans craindre d’être dépossédée, celle qui a conscience de l’infinie richesse de l’échange et du partage.

Méfiez-vous des jugements, de la comparaison, de l’envie


Ces sentiments négatifs nous font gaspiller notre énergie vitale, brident notre confiance et notre curiosité. Ils sont le fruit de nos croyances, elles-mêmes issues de nos peurs : peur de ne pas être à la hauteur, d’être déçu, malmené. Après en avoir pris conscience, efforcez-vous de les chasser de votre esprit. Cultivez à la place des sentiments d’accomplissement en vous rappelant vos succès.

Acceptez les moments difficiles

Accueillez tristesse, colère ou déception en faisant corps avec cette émotion négative, sans la nourrir ni la combattre. Cette acceptation permet d’atténuer les «montagnes russes émotionnelles» qui nous emportent. En cessant de considérer les événements sous un angle «bon» ou «mauvais», vous apprendrez à considérer la vie comme un tout, dont il est possible de savourer sans crainte les différentes saveurs. (Flavia Mazelin-Salvi)