La prosternation est l’action de se pencher jusqu’à terre, de se coucher par terre ou de se jeter par terre à genoux en signe d’adoration, de soumission ou de respect. Il s’agit généralement d’un geste de supplication qui s’adresse à un être supérieur (comme un dieu ou un saint) ou à une personne qui exerce un pouvoir sur le prosterné (comme un roi).
«Prosterner» vient du latin prosternere, mot formé de pro, en avant, et de sternere, étendre.
Dans la religion catholique, la prosternation est d’usage lors de l’imposition des ordres.
Dans l’islam, la prosternation fait partie de la prière rituelle. A chaque prière correspond un nombre donné de prosternations.
La prosternation de la récitation (soujoud at-tilawa) est un moment où le fidèle se prosterne à la fin de certains versets du Coran. Il y a en tout 15, dispersés dans tout le Coran. Le mot “prosterner” y est mentionné à chaque fois.
La prosternation de gratitude (soujoud shoukr) peut être effectuée par le fidèle lorsqu’il reçoit une bonne nouvelle ou l’éloignement de certains malheurs.
La prosternation de l’oubli (soujoud as-sahw) est institué pour quiconque a fait preuve d’inadvertance dans sa prière. Elle se pratique lorsqu’il y a eu ajout (ziyada), omission (nouqsan) ou doute (shakk), avant ou après les deux salutations finales (taslim), sans tashahhoud.
Pour éviter toute ressemblance à d’autres religions qui révèrent l’astre lumineux, tels les mazdéens, les musulmans s’abstiennent de toute prière surérogatoire (nafilah) lorsque le soleil se lève, lorsqu’il est au zénith et lorsqu’il se couche.
Dans le bouddhisme, la prosternation est un moyen de montrer une vénération envers les trois joyaux du bouddhisme que sont Bouddha, son enseignement, le Dharma et sa congrégation, la Sangha. La prosternation (appelée aussi “petite prosternation”) se pratique devant des lamas, des statues ou des sépultures. Elle est alors plus communément appelé Adoration avec le faîte de la tête ou le Jet des cinq membres à terre en référence au fait que les deux jambes, les deux bras et le front sont plaqués à terre. Ainsi, lors de certaines cérémonies, des fidèles exécutent des sessions de trois prosternations, se levant puis effectuant à nouveau le geste plusieurs fois de suite. Cette tradition est appelée trois agenouillements suivis de neuf inclinaisons de tête. Certains pèlerins bouddhistes font durant leurs longs pèlerinages une prosternation puis s’allongent à terre, les mains jointes au-dessus de la tête, tous les trois pas (appelée aussi “grande prosternation”).
La proskynèse, du grec proskynesis, προσκύνησις, en latin adoratio, est un rituel antique et médiéval utilisé à la cour des souverains ou dans un cadre liturgique. Elle «sacralise», voire «divinise», l’homme qui en est l’objet.
Le geste de proskynèse est d’origine perse achéménide au 6°e siècle av. J. C.. Dans les temples pour adorer les dieux ou à la cour des grands rois, l’étiquette exigeait une inclination du buste et un baiser de la main en l’air. Plus tard, chez les Parthes, 1° siècle av. J. C., le rituel nécessite une génuflexion. Sous les Perses sassanides du 3° siècle, il se transforme en une prosternation totale : toute personne reçue à une audience royale devait se jeter à terre et rester dans cette position jusqu’à ce que le roi lui ordonne de se relever.
Adoptée par Alexandre le Grand en 330 av.J.-C., la proskynèse choquait les Grecs car ils estimaient que ce rituel mettait le roi à l’égal des dieux. Il fut ensuite adopté par certains royaumes helléniques comme l’empire séleucide. Par ce biais ou par imitation des Sassanides, l’empereur romain Dioclétien l’adopta à son tour à sa cour en l’an 291 : par elle l’empereur devient un être divin, ceux admis en sa présence devaient se présenter en silence, les mains voilées, se prosterner puis baiser le bord de son vêtement. Comme pour les Grecs cinq siècles plus tôt, la pratique choqua mais s’imposa. Les Byzantins perpétuèrent cette tradition jusqu’au 15° siècle : les sujets de l’empereur devaient s’allonger devant lui pour le saluer.
Le rituel se retrouve aujourd’hui dans la religion chrétiennes. En Islam, ce rituel est interdit car le Coran affirme que la prosternation n’est que pour Allah.
Le kowtow (叩頭 en chinois traditionnel, 叩头 en chinois simplifié, Kòu tóu en hanyu pinyin et Kau tàuh en cantonais) est un geste signe de profond respect qui consiste pour la personne qui l’exécute à se mettre à genoux et en s’inclinant de manière à ce que sa tête touche le sol. En Baihua, ce geste a été traduit par Kē tóu (磕頭), ce qui altère sensiblement le sens de l’expression. En effet, le mot Kòu signifie dans l’expression Kòu tóu se jeter à terre avec respect alors que kē signifie simplement toucher une surface.
Dans le protocole de la Chine impériale ce geste était effectué devant l’Empereur de Chine. Dans la vie quotidienne en Chine, ce geste n’est plus fait devant un être humain, mais peut parfois être effectué devant une sépulture pour montrer le respect manifesté au défunt. C’est un geste rituel dans les cérémonies d’initiation aux arts martiaux chinois, ou Wushu (武术).
Dans la religion bouddhiste, le kowtow se pratique devant des statues ou des sépultures. Le kowtow est alors plus communément appelé Adoration avec le faîte de la tête (頂禮) ou le Jet des cinq membres à terre (五體投地) en référence au fait que les deux jambes, les deux bras et le front soient plaqués à terre. Ainsi, lors de certaines cérémonies, des fidèles exécutent des sessions de trois kowtows, se levant puis effectuant à nouveau le geste plusieurs fois de suite. Cette tradition est appelée trois agenouillements suivi de neuf inclinaisons de tête (三跪九叩). Certains pèlerins bouddhistes font durant leurs longs pèlerinages un kowtow tous les trois pas. Le chiffre trois renvoie ici aux trois joyaux du bouddhisme que sont Bouddha, Dharma et Sangha.
Le mot de kowtow est arrivé dans la langue anglaise, où il est devenu courant au xixe siècle, tout d’abord pour désigner le fait de s’incliner, puis très vite pour désigner une soumission abjecte ou intéressée. De nombreux Occidentaux pensent que le kowtow a toujours eu une signification religieuse alors que dans les faits il n’en est rien. Ce geste a d’ailleurs déjà été utilisé lors de visites diplomatiques. Ainsi, selon les annales de la dynastie Chosŏn, en 1596, le Daimyo (大名) japonais Hideyoshi Toyotomi (秀吉 豊臣) qui unifia le Japon eut à faire kowtow pour montrer son statut de vassal envers la dynastie Ming, mais ce n’est attesté par aucune source chinoise ou japonaise.
Le geste du kowtow faisait également partie de l’étiquette diplomatique entre Chinois et Européens, étant donné qu’il était nécessaire de faire kowtow avant de pouvoir être mis en présence de l’Empereur de Chine, mais ce geste signifiait que l’on se soumettait à l’Empereur. Cela ne posait donc pas de problèmes aux voyageurs indépendants, comme les commerçants hollandais qui ne «représentaient qu’eux-mêmes». Les ambassades britanniques de George Macartney en 1793 et de William Pitt Amherst en 1816 refusèrent de faire kowtow devant l’Empereur, ceci équivalant pour eux à reconnaître que le Royaume-Uni était un sujet de l’Empereur de Chine.
(Source Wikipédia)


