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Gay par nature et chrétien par choix, l’œuvre de décentrement de moi-même reste et demeurera l’œuvre par excellence de toute ma vie et un “combat” de tous les jours. Le nombrilisme et l’égocentrisme, véritables fléaux contemporains, et particulièrement développés chez nous, pédés, me déterminent à ce combat. Du reste, peut-être cette oeuvre n’est-elle pas non plus mon œuvre, mais celle de Celui qui agit en moi, par sa grâce. L’ Esprit Saint m’aide, dans la lumière toute nouvelle de la Pentecôte, à prendre conscience de la place que j’occupe. Il n’appartient qu’à moi, de désirer devenir petit pour que Lui, le Seigneur Jésus, grandisse, à l’exemple du Baptiste, et prenne même toute la place.

Ste Thérèse de l’Enfant Jésus écrivait dans l’un de ses poèmes : “Aimer c’est tout donner et se donner soi-même.”

On est au cœur de l’Evangile, et de l’Amour surnaturel (Agapè) auquel le chrétien, et donc moi-même, est invité d’une manière toute particulière à désirer, et même plus qu’à désirer, à se décider pour … (cet Amour-là).

“Être catholique et homosexuel ne laisse peut-être pas d’autre choix que celui de devenir un saint” affichait l’en-tête d’un blog.

Peut-être que la sainteté s’inscrit tout simplement dans l’amour que je peux donner, et non dans celui que je peux prendre.

St Jean de la Croix dit qu’”au soir de la vie nous serons jugés sur l’amour”

Quelle densité d’amour aurai-je accumulé et pourrai-je présenter au Bien-Aimé de mon âme, au soir de ma vie ?

Faire de l’ordinaire de mes jours un extra-ordinaire quotidien, un “surnaturel ” écoulement du temps où le don de moi-même me fait tout simplement effleurer une infime partie de la joie et du bonheur du Ciel. Et particulièrement dans mes amours.

Tout simplement (mais peut-être n’est ce pas si facile ?) de passer de la “Philia” à l’”Agapè” (en bref, véritable raccourci qui peut se discuter) passer de “je prends” à “je donne”, car pour donner je dois aussi recevoir, d’où l’importance fondamentale d’un véritable cœur à cœur avec Mon Seigneur, nourriture spirituelle indispensable pour garantir la sincérité, la gratuité, la qualité de mon “décentrement” et du don de moi-même. Car je peux en rester à l’humain et au social, avec encore tout ce que cela peut comporter de réalisation de soi, pour soi… ou bien permettre au Seigneur de rendre divin ce qui aurait pu n’être que trop humain.

“Où sont Amour et Charité, Dieu est présent” !!!

A l’heure où le monde, et même le monde “religieux” me presse de cultiver une certaine réalisation personnelle, à “guérir de “mes blessures” et à rivaliser en orgueil de toute sorte, je me sens davantage poussé à déceler les boutons de roses et à faciliter leur éclosion.

Je ne veux seulement guérir que de ce qui me pousse à blesser le cœur de Jésus, mon Ami, mon Confident, mon Dieu, et le cœur de celui ou de celle que je côtoie tous les jours.

A trop regarder mon nombril, je ne vois plus l’autre qui attend un sourire, un geste d’amitié, une marque d’affection.

L’autre sera toujours une merveille à mes yeux, cet autre à qui je voudrais simplement dire : “Je t’aime”.

Il n’y a donc que l’amour qui puisse me faire sortir de moi pour aller à la rencontre de l’autre, de l’Autre.